Création avec amateurs

Juin 2020 : Création Danse avec Les Plateaux Sauvages, Fabrique culturelle et artistique, Paris XX.

 

En raison de la crise sanitaire, nous n’avons pas pu réaliser cette création Danse avec un public amateur. Le projet consistait en la construction d’une pièce chorégraphique avec 14 danseurs amateurs. Nous avons pu en revanche, transformer ce  projet chorégraphique  en réalisation vidéo, pendant la période du déconfinement.  Le montage du film s’est terminé en Septembre et propose des histoires individuelles avec 10 des danseurs de ce projet. Le film De l’autre côté du Pont, est visible en ligne sur le site des Plateaux Sauvages.

ATELIERS 19/20 : RESTITUTIONS VIDÉO

 

 

Note d’intention

Ce petit film a réussi à voir le jour malgré les aléas et inconforts de l’année 2020, comme le besoin de fabriquer avec ce qui est là, quoi qu’il en soit.  Etonnamment, c’est le monde de l’image en visio-conférence qui nous permettra de refaire lien, dans le contexte pourtant désocialisé du confinement. Le focus y sera l’univers de la maison, le corps dans l’espace intérieur, la fabrication du geste, le paysage sonore, la musicialité etc. Autant de bonnes intentions ne remplaçant pas les essentiels de la danse, laquelle puise plutôt à la source de l’énergie, du lien à l’espace, à l’autre, au contact physique, à l’inspiration collective.

Comment continuer dans un contexte où le lien à l’ autre, la dimension du corps et de l’interaction est très fragilisé?Je propose de réaliser un petit film via Zoom, ayant découvert et fait l’expérience, pendant le confinement, de l’apprentissage du montage vidéo, dans l’envie d’être au travail quoi qu’il en soit.Filmer, couper, assembler, changer, fabriquer, changer l’histoire … Le montage est arrivé comme un grande échappée de liberté dans mon espace de mobilité restreint par le confinement. Entre le laisser-faire de l’image qui parle en elle-même, et la possibilité de transformation de par mon propre point de vue, je me reliais à une danse, du mouvement, de la narration , de la fabrication et une recherche de sens. La proposition tente certains mais pour d’autres vient apeller et mettre en évidence les difficultés avec ’l’image de soi, et le regard des autres, le figement de zoom par rapport au spectacle vivant, le sentiment de mise en boite de chacun déjà opéré par la visioconférence et d’autres écueils des techniques de visio-conférence dans le mouvement.Alors j’invite plutôt chacun à réaliser une petite captation de 1 min avec son téléphone, en choisissant un lieu qu’il aime bien.

Pour l’une c’est le bord du canal où elle aime aller depuis le confinement, pour une autre son jardin ou sa cour. Pour d’autres le quartier du 20 ième. Autant d’idées inspirantes pour faire émerger la danse. Nous avons quelques contraintes physiques aussi : la douceur, l’air, la résistance, l’équilibre, l’entre-deux, l’appui … Les idées et envies commencent à circuler : il y a de l’extérieur, des ponts, des portes d’entrée et de sortie, des intérieurs, des escaliers, des univers propres à chaque endroit … Comme l’espace d’un scène de théâtre qui pourrait se construire …Je réfléchis moi aussi à des lieux pour trouver une cohérence entre toutes les idées.Puis, fin Juin, pour finaliser le film, je propose à chacun de capter individuellement quelques secondes de mouvement, rue des Amandiers, soit seul, soit avec mon aide. Besoin d’inscrire le film dans ce paysage et territoire des Plateaux, matrice du projet. Je choisis l’ensemble de la rue des Amandiers, comme un repère géographique à la présence de chacun. Privilégiant la continuité et le fil à déployer entre chacun de nous, la poésie de chacun et la possibilité de dialogues entre les images, ce petit film cherche à redonner de l’ensemble des individualités reliées, une narration qui trouve son chemin grâce à chacun.Avec humanité avant tout, plus que la technique imparfaite, la danse nous aura appris que nous pouvons rester en mouvement, en présence autrement, en résistance, en adaptation, à l’écoute du sensible.